[VIDEO] Jeux en ligne : quand les enfants en parlent
Votre enfant a installé un jeu vidéo sur une console, un portable ou un ordinateur. Qu’il s’amuse seul ou avec d’autres joueurs, comment utilise-t-il ces jeux ? Quelles précautions prendre ? Explications et témoignages d’une enseignante et de cinq adolescents.
“Je m’appelle The Tud et je suis le chef des Ninjas de Gensou.”
Antoine, Paul et François ne se sont jamais rencontrés, mais leurs avatars Amede12, Polodo98 et The Tud appartiennent au même groupe des chasseurs du village de Gensou dans le jeu Shonobi, jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs.
Ces garçons ont entre 12 et 14 ans, racontent les quêtes de leurs personnages, leurs combats de chasseurs ou de magicien Jutsu. Ils sont fiers d’avoir beaucoup de PA (points d’actions), d’avoir déniché une nouvelle arme ou un pouvoir magique en accomplissant leurs missions.
Du temps et de l’argent pour passer à un niveau supérieur du jeu
François, dès qu’il le peut, se connecte au site : plus il y passe de temps plus il gagne de PA qui lui permettent de passer aux niveaux supérieurs. Pris par le jeu, il a déjà utilisé le numéro de téléphone surtaxé indiqué sur le site afin de récupérer des pilules énergisantes qui rapportent des PA. C’est la facture de téléphone qui a mis la puce à l’oreille de ses parents…
Anne, maman d’Antoine, a bien remarqué que son fils est très mobilisé sur ce jeu, d’autant qu’il est chef de clan. “J’essaie de limiter le temps qu’il passe devant l’ordinateur et jusqu’à présent, cela fonctionne plutôt bien.” Pierre, le père de François, a lui choisi de fermer l’accès à Internet dans la journée. Le jeune joueur ne peut donc se connecter qu’en présence de ses parents.
Des jeux en ligne plus ou moins prenants
Les trois garçons, comme un collégien sur deux, sont adeptes des jeux en ligne. Outre ces jeux dont l’univers est “persistant” (le jeu ne s’arrête jamais et évolue même quand les joueurs n’y sont pas connectés), ils pratiquent des jeux dits “occasionnels” (des petits jeux d’adresse rapides, appelés “casuals games”, sur le modèle de Tetris, Donkey Kong ou Pacman). Ils sont gratuits, mais sont généralement accessibles sur des sites largement financés par l’affichage de bannières publicitaires qui sollicitent abondamment le jeune public.
Les jeux vidéos, en ligne ou non, mobilisent les garçons de 13 à 19 ans de 3 h 30 à 9 heures chaque semaine. Les adolescentes sont moins concernées par ce phénomène, même si on constate aux États-Unis qu’elles jouent de plus en plus.
Oanna Favennec
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