Le top des pratiques à risque sur le Web (première partie)

dangers internet enfantsNouvelle année oblige, un tour d’horizon des « buzz » du Net 2010 s’impose. Commençons par les réseaux sociaux et les dérives qu’ils peuvent engendrer  auprès des adolescents en l’absence de tout contrôle.




Les dédipix et la scarification

Les dédipix et les scarifications ont trouvé leur place sur les blogs dédiés aux adolescents. Mais de quoi s’agit-il?

Une dédipix est une photographie postée sur les blogs,où l’auteur écrit sur la partie du corps le nom d’un autre blogueur pour générer du « buzz  » sur leur blog respectif, le plus souvent hébergé sur Skyblog.com. En somme, pour obtenir un plus grand flux de visites et de commentaires, un(e) adolescent(e) va écrire le prénom d’un de ses visiteurs sur le corps et poster la photographie sur son blog. Les jeunes adolescentes sont souvent les auteurs de ces clichés et et la partie du corps peut exhiber, par exemple, un bras ou une partie plus intime du corps.

Quant à la scarification, elle s’observe typiquement chez les filles de 13 à 18 ans. Il s’agit d’incisions superficielles faites sur le dos de la main, le poignet ou l’avant bras opposé à la main directrice, plus rarement sur la jambe. Elles sont souvent multiples et parallèles les unes aux autres et peuvent déterminer un quadrillage. Elles sont réalisées au moyen d’objets usuels et tranchants divers (cutters, ciseaux, lames de rasoir, compas scolaire, punaises…) ou d’objets détournés de leur fonction (bouts de verre, couvercle de CD, bord de carte électronique, clé…). Dans tous les cas, l’entourage est impuissant. A mesure que le mouvement gothique se développe parmi les populations adolescentes, de plus en plus de sites laissent apparaître des photos de scarifications que les membres des communautés gothiques diffusent et partagent ouvertement sur Internet.


Rebecca et ses 21000 invités

Une jeune anglaise de 14 ans souhaitait connaître le nombre de ses amis souhaitant se rendre à la fête d’anniversaire qu’elle organisait chez elle. Elle a donc créé un événement sur Facebook, précisant son adresse, son numéro de téléphone et invitant les éventuels participants à se manifester. Problème, elle a rendu l’événement public, au lieu de le limiter à son cercle d’amis.

Conséquence, l’adolescente qui prévoyait d’inviter une quinzaine de personnes pour son quinzième anniversaire, a vu le nombre d’intéressés augmenter de manière exponentielle. Au bout de quelques heures, 21 000 personnes avaient manifesté leur intention de venir à la fête d’anniversaire. La mère de l’adolescente, a alors décidé d’annuler l’événement prévu le 7 octobre. Néanmoins, l’adolescente ayant communiqué ses coordonnées, la police a été forcée de prévoir des patrouilles, la famille craignant que des utilisateurs de Facebook inconnus ne se montrent. « Elle n’a pas compris qu’elle créait un événement public et pourtant l’a fait, a expliqué la mère au Telegraph, elle va être obligée de changer de numéro de téléphone (…) [l'adolescente] n’a pas compris les paramètres de privatisation. Je lui ai donc confisqué son accès à Internet et son ordinateur, afin qu’elle ne fasse plus la même erreur. » On a vu mieux comme cadeau d’anniversaire.


Chatroulette et ses déclinaisons francophones

Véritable roulette russe du chat vidéo sur le Net, Chatroulette s’est rapidement imposé comme le site qui a remis au gout du jour la chatroom. Créé par un étudiant russe avec peu de moyens techniques, ce site permet à quiconque de converser aléatoirement avec n’importe quel internaute connecté au site, avec la possibilité d’utiliser la webcam. Dès lors que la conversation ne convient plus à un des internautes, il peut passer à la suivante en cliquant sur « Next ».

Très rapidement les associations de protection de l’enfance ont effectué une levée de bouclier à l’encontre du site : il est difficile de naviguer sur le site sans tomber rapidement sur des images choquantes. Malgré la bonne volonté du créateur de Chatroulette, le site est pris d’assaut par moult exhibitionnistes. Et avant de parvenir à une vraie conversation, on voit vraiment passer de tout : toutes les dix connexions environ, un sexe d’homme; toutes les vingt connexions, un internaute portant un masque absurde; toutes les 100, une femme nue; et à la marge, une série de dérapages qui brassent toutes les déviances possibles de l’être humain (vidéos pédophiles, drapeaux nazis…). Il est parfois difficile de distinguer la fiction de la réalité: de nombreux chatteurs débranchent leur webcam et diffusent à la place une vidéo.

Depuis quelques mois, de nombreuses versions francophones ont fait leur apparition sur le Web et ne finissent pas d’inquiéter les associations de parents. Au moins sept sites francophones ont été référencés sur les moteurs de recherche au cours de ces six derniers mois. Malgré les précautions prises par les administrateurs, il reste difficile de modérer un tel chat où les internautes peuvent se côtoyer aléatoirement en un simple clic.

Retrouvez prochainement la suite des pratiques à risques. En attendant, n’oubliez pas que la meilleure protection face aux dangers du Web reste l’éducation et le dialogue parents-enfants, ainsi que l’installation d’un logiciel de contrôle parental.

 

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