Luc Chatel veut fermer les comptes Facebook des mauvais élèves.

Comme nous l’évoquions dans un précédent article sur le cyber-lynchage, de nombreux élèves utilisent les réseaux sociaux pour diffamer, insulter voire harceler leurs camarades mais aussi leurs professeurs. L’éducation Nationale avait proposé de punir ces cyber-délinquants en sollicitant l’aide de Facebook pour fermer les comptes des jeunes contrevenants.

 


Selon le chercheur Eric Debarbieux, les cas de « cyber-harcèlement » se multiplient depuis plusieurs années en milieu scolaire. De telle sorte que le harcèlement entre élèves s’est déplacé en dehors de l’école et peut toucher les victimes, via des messages sur réseaux sociaux ou sur téléphones portables. « La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) reçoit chaque mois 15 à 20 plaintes sur ces sujets« , a résumé la médiatrice de l’Éducation nationale, Monique Sassier.

Malgré les campagnes de sensibilisation sur le sujet, le nombre de plaintes augmente du fait de la facilité d’accès aux réseaux sociaux. En effet, initialement créé pour regrouper un réseau d’étudiant, Facebook accueille chaque jour, des milliers profils différents dont de nombreux adolescents. De 11 à 13 ans, ils sont même 55% à posséder un profil sur ce média alors que le site est théoriquement interdit au moins de 13 ans.

 

Fermer le compte des cyber-lyncheurs

« La solution que nous avons mise au point est simple : nous signalerons systématiquement les élèves qui auront été convaincus de harcèlement sur ce réseau, et ils verront leur compte Facebook fermé« , avait déclaré M. Chatel en concluant les « assises nationales » sur le harcèlement tenues les 3 et 4 mai 2011. « Pour les cas les plus graves, nous ferons en sorte que les familles des élèves victimes puissent bénéficier d’un accompagnement adapté pour déposer plainte, et ce, via un partenariat avec l’Office central de lutte contre la cyber-criminalité« , a-t-il ajouté.

En somme, le ministre de l’Éducation Nationale proposait de couper l’accès à la source, en l’occurrence Facebook, dans ce cas. Seulement, de nombreux cas de harcèlement ont lieu sur des blogs, des forums, par messageries instantanées, par téléphone… Cette proposition demeurait alors quelque peu caduque puisqu’elle ne concernait qu’un seul site alors que l’on devrait davantage informer les élèves des risques encourus en cas d’infractions de ce type. De nombreux collèges et lycées accueillent régulièrement des officiers de la Gendarmerie Nationale qui expliquent aux jeunes auditeurs quels risques ils encourent en agissant de la sorte sur Internet.

Une solution facilement contournable

A ce jour, aucun accord n’a été signé entre l’institution et le site américain, il n’y avait même aucun contact avec le ministère. La proposition de Luc Chatel peut paraître radicale mais si l’on connait le fonctionnement de Facebook, on se rend rapidement compte qu’un élève qui verrait son compte supprimé dans ce cas de figure pourrait en créer un autre via une autre adresse email, adresse nécessaire pour s’identifier sur le site. De plus, si l’on va plus loin, admettons que Facebook accepte ce partenariat proposé par l’Éducation Nationale, le site pourrait bloquer l’accès à un compte en fonction de son adresse IP or de plus en plus d’adolescents se connecte au site via leur téléphone mobile. Et via leur téléphone, ils ne pourront pas être bloqués par le réseau social.

En somme, en tant que professeur, si vous n’êtes pas inscrit sur Facebook, nous vous conseillons de vous y inscrire afin d’apprendre à vous en servir. De cette façon, vous pourrez mieux sensibiliser vos élèves au harcèlement en ligne et aux risques judiciaires encourus en cas de cyberlynchage. Vous pouvez également faire appel à des professionnels en la matière pour intervenir dans votre établissement. Devant l’ampleur du phénomène, des officiers de gendarmerie effectuent régulièrement des interventions scolaires. De plus, la CNIL vous propose cet espace enseignant pour vous aider à préparer vos cessions scolaires dédiées au Net.

 

Source : http://www.linformaticien.com/actualites/id/20569/l-education-nationale-veut-lutter-contre-le-harcelement-facebook.aspx

 

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